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La raison majeure, qui est celle de la plupart des immigrants, est la précarité. En effet, 40% des tsiganes de Roumanie vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit avec moins de 2,15€ par jour. Cette pauvreté est due à une forte exclusion ressentie par les roms dans le domaine de l'éducation, de la santé, du logement et de l'emploi. Selon l'association Nadara, qui est en contact avec ce peuple, en 2008, l'espérance de vie de la population Rom est inférieure de 15 ans à l'espérance de vie moyenne roumaine, qui est de 73,4 ans. Un autre témoignage de cette association, prétend que les Roms, qu'ils soient sédentaires ou nomades, sont souvent privés d'infrastructures nécessaires à de dignes conditions de vie. Un rapport de la FNASAT annonce qu'à peu près « un quart à un cinquième de la population Rom de plus de 16 ans est illettré » en Roumanie. Afin de favoriser son entrée dans l’Union européenne, le gouvernement roumain a pris un certain nombre de mesures. Pourtant, le manque de ressources empêche le développement de la qualité d'instructions pour les jeunes Roms. durant l’année 2006, sur 280 000 professeurs actifs en Roumanie, 490 sont des professeurs Roms. Or, de l’école primaire au lycée, on compte 220 000 étudiants Roms. L'État comptant entre 1 800 000 et 2 500 000 Roms. Le manque de qualification, associé à la discrimination entraîne un accès presque impossible à l'emploi. Selon un article du 7 Janvier 2011 de la Gauche Révolutionnaire, 75% des Roms sont au chômage (l'article ne cite pas de source pour cette statistique et il est ,par ailleurs évident, qu'il n'est pas objectif). Ils ne possèdent que rarement des infrastructures de base (eau, electricité, gaz...) qui assureraient l'hygiène dont tout être humain a besoin. Le manque d'hygiène devrait être un argument pour le développement de services sanitaires pour cette communauté de tzigane.

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Famille Rom de la ville de Csávás, (Nadara)

La discrimination que subit les Roms est aussi une raison de leur émigration. D'après un sondage du Collectif national des Droit de l'Homme RomEurope, 50,6% des roumains pensent que les Roms sont des voleurs, 43,5% qu’ils sont fainéants et 47,2% qu’ils sont sales. Un autre sondage effectué en 2003 (Gallup) assure que deux tiers des Roumains estiment que les Roms ne devraient pas avoir le droit de circuler librement dans l'union européenne car, en agissant de la sorte, ils ternissent l’image de la Roumanie. D'ailleurs, certains de ces même roumains prônent une politique qui viserait à limiter le nombre de naissances d'enfants. Et les faits ne trompent pas, ils soutiennent les résultats de ces sondages. En effet, d'après l'association Nadara en contact avec un village peuplé de Rom à l'Ouest de la Roumanie subit quotidiennement des violences physiques et morales, des injustices juridiques, de la discrimination de la part des autorités, des propos racistes ou péjoratifs de la part des médias ou encore, des difficultés pour intégrer les enfants Roms dans le système scolaire.

Toutes ces formes de discrimination que subissent les toute la communauté, y compris les« hazi » (tsiganes sédentaires) sont une cause de l'immigration des Roms. Mais elle n’est pas la seule, les conflits inter-ethniques sont aussi au centre des causes de ce mouvement de population. En effet, les Roms se révèlent être victimes de conflits ambiants. Par exemple, l'éclatement de l'Ex-Yougoslavie, au début des années 90, engendre, non loin de la Roumanie, une soudaine obligation pour les tsiganes, et de nombreuses autres minorité de quitter leurs foyers. Au début des années 1990, alors que Ilon Illosescu est au pourvoir, la tsiganophobie ne désarme pas, preuve d’un profond rejet à l’égard des Roms, celle-ci fut, exprimée violemment. Durant cette période, ont eu lieu un grand nombre de rixes, et des villages Roms entiers ont été brûlés par des paysans roumains.

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Réunion de l'association Nadara sur les discriminations à Csávás

Si quitter la Roumanie paraît compréhensible, pourquoi la France est-elle touchée par l'immigration des Roms ? Koadruts, Rom de 30 ans, qui vit depuis dix ans en France nous donne son opinion « En dix ans, je suis reparti en Roumanie trois fois. L’aide ne m’intéresse pas parce que je veux rester ici. Qu’est-ce qu’on fait avec 300 euros en Roumanie ? C’est rien. Je ne resterai pas là-bas. Je reviendrai ici parce qu’en Roumanie, il n’y a pas de possibilités, pas de travail. Si tu voles, pour un pain, pour une baguette, tu fais deux ans de prison en Roumanie. Il n’y a pas à manger là-bas donc tu voles. Ici, tu ne voles pas, tu fais la manche ou tu travailles la ferraille. Moi, je travaille la ferraille. Je fais 20 euros par jour. C’est bon ici… S’ils ne me donnent pas ma chance ici, je casse tout, parce que je suis un européen. Je ne sais pas ce que fait Sarkozy. Il n’a pas de cœur pour nous. »

Pourtant la France, qui ne compterait que 15 000 Roms, est loin d’être leur principale destination en Europe, la plupart émigrant plutôt en Turquie, en Espagne ou en Italie. Madrid, qui ne connaît pas le mot "Rom," recense ainsi 700 000 Gitans. Ces préférences sont dues notamment à la richesse des pays mais aussi à leur politique, notamment celle de l'immigration.